Vompas Tracés régulateurs à la règle et au compas

À propos

Un tracé régulateur, c’est l’ensemble des lignes de construction qui fixent les proportions d’un dessin : diagonales, carrés rabattus, arcs reportés au compas. Cet atelier en fabrique à la demande et montre comment chaque trait découle des précédents.

D’où viennent ces tracés

Architectes, peintres et maîtres d’œuvre s’en servent depuis des siècles pour régler une façade, une page ou un tableau. Le Corbusier leur a donné ce nom en 1923. Dans les mêmes années, Jay Hambidge décrivait la « symétrie dynamique » : des rectangles dont le rapport des côtés vaut √2, √3, √5 ou le nombre d’or, et que l’on subdivise par leurs diagonales.

Comment l’atelier dessine

  1. Le cadre est un rectangle du format choisi : √2 (celui du papier A4), le rectangle d’or, le double carré…
  2. Chaque geste n’utilise que ce qui est déjà tracé : une droite passe par deux points, un cercle a pour centre un point et passe par un autre. Rien n’est mesuré.
  3. Chaque croisement devient un nœud. Le programme préfère les nœuds riches, là où un arc coupe une diagonale, là où plusieurs traits se rencontrent.
  4. La symétrie répète chaque geste : en miroir autour de l’axe, quatre fois comme une rosace, ou en spirale de rectangles semblables qui tournent autour de leur œil Ω.
  5. Les lavis viennent en dernier, toujours appuyés contre des traits existants.

Le même code redonne toujours la même planche. r2-b-p-56-2026 se lit : rectangle √2, symétrie bilatérale, portrait, 56 gestes, planche n° 2026.

Mettre au net

Une fois la planche trouvée, elle devient un calque aimanté. Dans l’onglet Encre, ou avec les outils posés sur la planche :

  • Segments : un clic encre le morceau de tracé compris entre deux nœuds voisins. Glisser en encre plusieurs d’affilée ; Maj + clic encre le tracé entier.
  • Courbes : une courbe de Bézier part d’un nœud et arrive à un autre ; ses extrémités ne peuvent se poser qu’aux intersections. Les poignées, elles, sont libres, et la courbe suivante repart tangente à la précédente.
  • Gomme : efface une encre.
  • Encre seule (l’œil barré sous les boutons de zoom, ou la touche E) : le tracé régulateur disparaît, il ne reste que l’encre et la signature. Un second clic le fait revenir. Le réglage « Crayon », lui, l’estompe peu à peu.

L’encre voyage avec la planche, encre seule comprise : dans son lien, dans la galerie et dans les exports. Pour une table traçante, l’onglet Encre exporte aussi les seuls chemins d’encre, sans papier ni écriture.

Garder son travail

Rien à enregistrer : chaque planche encrée se range d’elle-même dans le carnet de ce navigateur, d’où elle se rouvre d’un clic. Le lien de la planche la contient aussi en entier. Pour la garder ailleurs, les exports SVG et JPG emportent leur recette : glissés sur l’atelier, ils redonnent la planche modifiable. Et le carnet entier s’enregistre dans un fichier, à rouvrir sur un autre appareil.

Ce que le site garde

Le serveur ne garde que les planches ajoutées à la galerie : leur code, leur palette, leur encre, la signature choisie et la date. Pour limiter les ajouts en rafale, il note aussi une empreinte chiffrée de l’adresse IP, effacée au bout d’un jour. Le carnet, lui, reste dans votre navigateur : il n’est jamais envoyé. Aucun témoin de suivi, aucune mesure d’audience, aucune requête vers un autre site.

Les notes dans la marge

À droite de la planche, chaque horizontale porte sa hauteur au-dessus de la base, comptée en largeurs du cadre. Une construction à la règle et au compas ne produit que des racines carrées, parfois emboîtées : l’atelier reconnaît les écritures simples comme √2/2, (1 + √2)/2 ou 1/φ, et donne les autres en décimales. En survolant un trait, on lit la même mesure et l’origine du trait.

Petit vocabulaire

Rabattement
Faire tourner un segment au compas autour d’une de ses extrémités pour le reporter sur un autre côté. Le geste d’ouverture classique rabat le petit côté sur le grand : il dessine le carré construit sur la base.
Diagonale réciproque
La perpendiculaire à une diagonale, menée d’un coin. Elle découpe un rectangle semblable au cadre, tourné d’un quart de tour.
Gnomon
Ce qui reste du rectangle quand on en retire ce rectangle semblable. Dans le rectangle d’or, c’est un carré, et les quarts de cercle tracés dans ces carrés forment la spirale d’or.
Arc brisé
Deux arcs de même rayon, centrés aux deux bouts d’un segment, qui se croisent sur l’axe comme une ogive.
Nœud
Un point où au moins deux tracés se coupent. Seuls les nœuds servent à poser la règle ou la pointe du compas.

Pourquoi Vompas

Retournez un compas : ses deux branches dessinent un V, et sa tête ronde en marque la pointe. Mettez ce compas à la place du C de « compas », et vous lisez Vompas.

Pour aller plus loin

Le Corbusier, Vers une architecture, 1923, chapitre « Les tracés régulateurs ».
Jay Hambidge, The Elements of Dynamic Symmetry, 1926.
Matila Ghyka, Le Nombre d’or, 1931.